Mon Parcours Personnel

Ici, je serai 100% vulnérable!


Je vous partage mon histoire. Certainement pas pour faire pitié!! Mais bien pour inspirer. Qui sait, peut-être que vous allez vous reconnaître dans certaines épreuves que j’ai vécu…


Enfant, je ne l’ai pas eu facile. De l’extérieur, j’avais l’air d’avoir la belle vie! J’avais presque tout ce que je voulais, du moins, côté matériel… Nous passions même nos étés au bord de l’eau au Lac-Humqui à notre chalet.


Par contre, l’envers du décor, le voici :

Pour un oui ou pour un non, toutes les excuses étaient bonnes pour ma mère pour me frapper :

- Une porte fermée trop fort parce que j’étais frustrée

- Une erreur pendant ma lecture d’école en première année

- Pleurer parce qu’elle m’a frappée

- Ne pas lire dans les temps indiqués


Je vivais dans la peur… mais aussi dans la haine de moi-même! Je crois que j’avais 5 ans la première fois que j’ai dit que je voulais mourir.


Des amies, j’avais beaucoup de difficultés à m’en faire. Si l’amie ne vivait pas proche, je ne pouvais pas la voir. Et l’été, comme on passait tout le temps au chalet, je perdais complètement contact…


Je crois que déjà au primaire, je n’avais aucune confiance en moi, encore moins d’estime de moi!


Je me souviens qu’en 3e année, il y avait un garçon qui s’amusait à toucher les parties intimes des filles et les seins pendant le cours d’éduc. On avait beau en parler au prof, il ne faisait rien en disant que ce n’était qu’un jeu. Au moins, pour une fois, ma mère avait eu un bon réflexe… Elle est allée engueuler le prof et la direction en disant que ça n’avait pas de bon sens et que ça n’avait rien d’un jeu!


Par contre, quelques années plus tard, dédramatisation totale lorsqu'un de ses frères s’est amusé à caresser l’intérieur de ma cuisse lors d’un party de famille en me disant que j’étais “sexy”. J’avais gros max 12 ans!! Disons qu’après ça, j’ai juste évité autant que possible les contacts avec cet oncle…


À la fin de mon primaire, je vivais pour la première fois je crois de l’intimidation. Une fille avait décidé que personne n’avait le droit d’être mon amie! Déjà que j’en avais peu…. Je me suis retrouvée totalement seule à la fin du primaire et pour le début du secondaire. En secondaire 1, une amie a fini par recommencer à me parler et nous sommes restées bonnes amies jusqu’à ce qu’on perde contact au fil des années.


Malheureusement, l’intimidation m’a poursuivie régulièrement tout au long du secondaire et m’a même suivie au cégep!!


N’ayant aucune confiance en moi ni estime personnelle, je “sautais” sur le premier gars qui voulait bien de moi… Disons que ça a donné des relations bizarres et non stables. À 16 ans, j’ai même sorti (et perdu ma virginité) en cachette avec un gars qui avait presque 10 ans de plus que moi!


En secondaire 5, j’ai commencé à me mutiler et à avoir des pensées suicidaires. La raison pour laquelle je n’ai jamais passé à l’acte : j’avais peur du regard des autres si je me manquais.


Ça a pris plusieurs mois avant que mes parents remarquent quoi que ce soit! À ce moment-là, ils ont fouillé ma chambre de fond en comble à la recherche de drogues (genre que je n’en prenais même pas, j’avais essayé qu’une seule fois un joint de pot!) et ils ont lu mon journal intime. Ma mère avait littéralement l’air d’une folle dans sa recherche frénétique!!


Suite à ça, j’avais droit à une fouille de mon sac d’école à chaque jour pendant au moins un mois… J’ai donc dû trouver un autre moyen que la mutilation pour exprimer mes sentiments. Ça l’a donc été un combo d’écriture de toutes mes pensées dans un cahier et d’un élastique au poignet pour les moments où je ne pouvais pas écrire. Tsé, pour pincer le plus fort possible et créer une douleur physique… Avec le temps, seule l’écriture est restée!


L’été suivant mon secondaire, c’est là que j’ai débuté ma première longue relation. J’ai eu la “Chance” de tomber sur un manipulateur qui m’en a fait voir de toutes les couleurs! Après quelques mois de relation, j’ai déménagé avec lui suite à une énorme dispute avec mes parents qui tentaient de m’empêcher toute liberté, même pour mes 18 ans. (J’allais les avoir 2 mois plus tard)


Résultat : je me suis retrouvée coincée dans cette relation toxique!


Tout était de ma faute… Il me trompait, me rabaissait, m’empruntait de l’argent sans jamais me rembourser. Il me disait même que j’étais “chanceuse” qu’il ait choisi d’être avec moi, puisqu’il aurait pu être avec tout pleins de filles beaucoup mieux et beaucoup plus belles que moi!! Tsé, un gentlemen!!


J’ai été dans cette relation pendant 1 an et 7 mois…


Un soir, il est revenu extrêmement tard et nous avons eu une chicane. À un moment, alors qu’on était couché et qu’on continuait à se disputer, il m’a frappé! À cette époque, je croyais que la violence conjugale, c’était uniquement physique. Pour moi, c’était un gros non! Je lui ai donc dit que c’était terminé. C’est à ce moment-là qu'il s’est levé et est allé à la cuisine. Il est revenu avec un couteau à la main, m’a plaqué dans le lit et s’est mis le couteau contre sa gorge. Il m’a alors dit que si je le quittais, il se tuait là, directement au-dessus de moi!


Je suis donc restée avec lui… jusqu’à la prochaine dispute, une semaine plus tard. Pendant la nuit, alors qu’il ne rentrait pas et que je m’inquiétais pour lui, je pleurais en me demandant qu’est-ce que j’avais fait pour mériter ça. C’est à ce moment-là que j’ai eu le déclic que non, je ne méritais pas ça. À son retour à la maison, la dispute éclate et là, il essaie de détourner sa culpabilité en m’accusant de le tromper avec un gars qui m’avait salué au magasin (hein?!?). Là, s’en est trop!! Je lui dis que c’est fini, qu’il doit quitter. Comme il refuse de quitter l’appartement, je décide que ce sera moi qui va déménager. Sauf qu’à ce moment-là, il m’en empêche. Il est 6h du matin et je m’enferme dans la salle de bain avec le téléphone sans fil pour appeler mon père. Pour lui demander de venir m’aider à récupérer mon stock. Pour faire une histoire courte de cet événement, mon ex a hurlé de l'autre côté de la porte avant d’arracher la prise du téléphone. Résultat : la ligne est coupée, je deviens injoignable et mes parents appellent la police! (Bon, en vrai, c’est ma mère qui était à l’autre bout du fil et elle ne savait pas où j’habitais. Elle a donc contacté ma grande soeur qui elle, a appelé la police à la demande de notre mère.)


Dans le mois suivant, alors que j’étais dans la salle d’attente à la clinique des naissances pour un changement de contraceptif, je tombe sur un pamphlet au sujet de la violence conjugale. Tsé, du genre “si vous répondez oui à l’une de ces questions, vous êtes victimes de violence conjugale”. Et bien moi, je devais répondre oui à au moins 5 affirmations!! C’est à ce moment que j’ai compris que j’avais subi de la violence conjugale psychologique pendant presque toute cette relation.


Au travers des années, j’ai continué à vivre de mauvaises relations. Pas d’aussi pire!! Mais quand même… Disons que si j’avais eu une meilleure estime personnelle à cette époque, ces relations n’auraient jamais eu lieu.


Par contre, ça veut aussi dire que jamais je n’aurais eu 2 de mes merveilleux enfants!! Quand je repense à mon passé, je me dis que je ne serais pas celle que je suis aujourd’hui. Que je serais une toute autre personne!


En résumé :

- Je me suis séparée du “géniteur” de mon fils à 18 semaines de grossesse lorsque je me suis rendue compte que j’étais entrain de m’engouffrer dans une relation toxique.

- Le père de ma fille m’a quitté en disant qu’il ne m’aimait plus, ce qui fait que j’ai perdu notre maison et toutes mes économies que j’avais. Après m’avoir amené en cours à plusieurs reprises pour la garde de notre fille (alors que je voulais une entente à l’amiable) et après plusieurs plaintes non fondées à la DPJ, il a tenté de me reconquérir en disant qu’il s’était trompé et qu’il m’aimait toujours et m’aimerait toujours! (Non mais quelle blague!!)


Quelques mois après ma séparation d’avec le père de ma grande, j’ai rencontré mon conjoint actuel. Ma plus longue relation à vie!! Nous en sommes maintenant à plus de 6 ans.


Je me dis que sans toutes ces épreuves, je n’aurais pas pu trouver cet amour. Et je n’aurais pas eu non plus notre fille!


Lorsque mon fils a eu 4 ans, j’ai dû faire le deuil d’avoir un enfant “normal”. Déjà à cet âge, nous avions le diagnostic de TDAH avec trouble du langage primaire. C’est simple, il cochait absolument toutes les cases des signes du TDAH… La vie pour lui sera donc toujours difficile dans un système beaucoup trop carré.


Si je repense à ce qu'on m'a montré comme le chemin à suivre, je suis très loin de ce chemin :

#1 Faire des études pour obtenir une carrière spécifique.

#2 Se marier.

#3 Avoir des enfants.

#4 Travailler au même endroit jusqu’à la retraite.

#5 Enfin vivre la liberté.

#6 Vieillir auprès de mon mari jusqu’à la mort.


Mon chemin à moi est presque étourdissant ahah!!


Mais je suis heureuse de la personne que je suis et que je suis en train de devenir.


Je fais des choses aujourd’hui que jamais je n’aurais cru possible il y a quelques années!


À chaque jour, j’évolue et je deviens une personne meilleure.


Comme quoi, il ne faut pas se laisser abattre.


Bisous


Jessica

Je guide les femmes entrepreneures à se libérer de l’auto-sabotage et à créer une entreprise alignée et épanouissante.